Distinction
Vièle gusle
Début du 20è s. / Serbie / Bois
Pratiquée dès le XIIème siècle, dans les Balkans là où vivaient des communautés serbes, la  gusle est un instrument à une seule corde frottée par un archet. Il servait essentiellement à accompagner des chants épiques. C’était, en effet, l’instrument des guslar, ces bardes ou poètes populaires qui transmettaient, de génération en génération, les épopées fondatrices de l’identité serbe. Mémoires vivantes des hauts faits historiques de ce peuple, les guslar étaient des personnages estimés. Leurs chants ont été à la base de la littérature produite par une élite intellectuelle qui, à la fin du 19ème siècle, a contribué à la renaissance nationale du pays dans une région dominée par les Ottomans et où les identités culturelles n’étaient pas reconnues comme elles le sont qu’aujourd’hui. En raison de son importance et de son statut, cet instrument est toujours richement décorée. La caisse de résonance est creusé dans un bloc de bois d’érable sculpté de motifs floraux ou géométriques. Une peau tendue sert de table d’harmonie. L’unique corde est en crin torsadé, comme sur l'archet, fréquemment orné d'un serpent  qui semble s'y glisser. Le haut du manche présente souvent la tête d'un cheval, animal noble par excellence, rappelant les actes guerriers des cavaliers défendant la souveraineté du peuple serbe. La mélodie est produite en touchant la corde avec l’ongle d’un doigt et non pas en l’appuyant sur le manche comme pour le violon. Le guslar précède souvent son chant d'un prélude instrumental et intercale des interludes pendant les pauses vocales.
Diable, pain votif
1999 / Italie - Calabre / Pain
Le diable de pain, modelé et cuit par Francesco Eramo, à Soriano, en Calabre, témoigne de la lutte du bien et du mal dont Saint Roch sort victorieux à chaque fête votive du mois d’août, renouvelant pour les villageois la manifestation symbolique de la protection dont ils bénéficient.
Gâteau de mariage
1968 / Hongrie - Boldog / Gâteaux
Dans la région de Boldog, à l’est de Budapest en Hongrie, les fêtes du mariage s’achèvent, comme dans bien d’autres régions d’Europe, par la présentation et le partage d’un gâteau spectaculaire. Ici, le gâteau fait en sucre, meringue et pain d’épice et surmonté de guirlandes de papier, est un bel assemblage de tous les symboles du mariage :
- l’amour symbolisé par des cœurs au centre desquels se trouve un miroir et qui rappellent les cadeaux que le fiancé faisait à la jeune fille en gage de son amour ;
- la force virile symbolisée par les chevaux ;
- la fécondité symbolisée par les œufs et surtout les poupons roses, rouges et blancs.
Les fastes déployés à l’occasion du mariage sont à la mesure de l’enjeu social de cette fête. Il s’agit en effet de la perpétuation du groupe puisque la communauté reconnaît à cette occasion l’alliance entre un homme et une femme qui seront habilités à fonder une famille. C’est aussi le moment de rappeler à chacun sa place dans le groupe et en particulier au sein du groupe familial.
Oeuf peint
Fin du 20è s. / Ukraine / Oeuf
Les oeufs peints sont une tradition encore très vivante en Roumanie, surtout dans le nord du pays, en Bucovine (d’où provient cet œuf peint). Les dessins de cette région sont particulièrement complexes. À l’occasion de la Pâques, les Roumains peignent des oeufs pour décorer la table du repas pascal ou pour les offrir à des gens qu’ils aiment. Les couleurs traditionnelles sont le blanc, le jaune, le rouge et le noir. Si les couleurs et les thèmes reviennent souvent, chaque oeuf est unique. Les œufs utilisés pour la décoration peuvent être en bois mais ils sont, le plus souvent, des œufs de poules, de cannes, d'oies ou d’autruches. La technique utilisée est celle de la cire d'abeille. Beaucoup de ces œufs sont réalisés pour la fête orthodoxe de Pâques et sont exposés dans les églises, les monastères et chaque maison a son panier d’œufs décorés. Cette artisanat est une tradition qui se perpétue de mère en fille depuis des générations.
Boules de canton
1997 / France - Seine et Marne / Buis,ébène,ivoire
Ce polyèdre a été réalisé en 1997 par Fabrice Micha, artisan ivoirier à Jouarre, à la demande du musée, dans le cadre d’une recherche-collecte sur les métiers artisanaux liés à des matériaux protégés. Travail de tourneur et de sculpteur, le polyèdre est un objet qui se rattache aux boules dites de Canton ou boules prisonnières en ivoire, composées de plusieurs sphères mobiles imbriquées les unes dans les autres. Objet d’origine monastique, le polyèdre prisonnier d’une sphère s’inscrit dans la symbolique chrétienne médiévale. Fabriqué par les ordres silencieux, il était un moyen de transmettre des règles de géométrie, mais aussi un discours sur l’univers et sur le divin. La sphère exprime le perpétuel mouvement du temps, l’éternité, le céleste, le souffle continu et omniprésent de Dieu qui n’a ni commencement, ni fin. Elle contient le polyèdre qui, par son caractère anguleux, signifie le terrestre et l’humain, créé par Dieu. Le choix des matériaux de cet objet introduit un autre langage. Fabrice Micha a choisi le buis qui est, selon lui, un substitut possible de l’ivoire puisque ses propriétés en sont proches. Il a ainsi voulu évoquer les équivalences entre les matériaux qui peuvent permettre les substitutions au plan symbolique. Le polyèdre prisonnier de Fabrice Micha réinterprète la tradition, dans le souci du respect contemporain de la biodiversité, sans rompre avec le symbolisme universel qu’il véhicule.
Chef d'œuvre de skateurs
2003 / France - Allier / Bois,fer blanc,papier
Ce coffret est une pièce unique réalisée par un groupe de jeunes garçons de 14 à 16 ans réunis par la passion de la musique rock et du skate. Il avait été réalisé pour obtenir la création d’un skatepark par une mairie. Comme tous les skateurs, ils pratiquent avec acharnement et ils se heurtent aux plaintes des voisins, aux interdictions, ils rêvent d’avoir un skatepark pour progresser, s’entraîner, se réunir. Ce coffret témoigne de tous ces aspects, comme objet témoin des relations et rapports sociaux entre la jeunesse et les élus municipaux, comme objet témoin de l’organisation et de la sociabilité d’un groupe de jeunes ayant des passions et comme objet témoin de la solidarité familiale entre parent et enfant. Il contient les résultats d’un travail méticuleux et cultivé de documentation pour expliquer les modes de vie skate et les attentes de skateurs en matière d’équipement. Sa structure est en bois, sa décoration extérieure est réalisée à partir de fer blanc de canettes - que l’on trouvait écrasées dans la rue ou que l’on buvait. Cet objet fait aussi référence au monde du graff - en plus du skatepark, il y avait la revendication d’un mur pour pouvoir graffer. Cet objet a été conçu pour être exposé, - la partie droite se déroule sur 11 mètres sans coupures, on a voulu garder une longue suite comme une piste. Ce dossier pouvait s’adapter à différentes pièces en suivant les murs, par exemple ceux de la salle du conseil municipal.
Narghilé
19è s. / Turquie et République Tchèque - Bohême / Verre,métal,textile
Ce petit narghilé de femme est un objet très précieux, et composite. Il associe plusieurs techniques et styles décoratifs, emblématiques de la diversité des échanges qui se nouent à Istanbul vers 1860. La soucoupe au contour polylobé et le flacon, pour contenir l'eau, sont en cristal de Bohême. Le décor, avec des effets cachemire en rose et blanc, est réalisé dans la masse, et la surface est rehaussée d'une peinture dorée pour accentuer l'éclat et l'aspect très délicat de la surface du cristal. Le fourneau, en terre rouge, est caractéristique de la production d'un atelier d'Istanbul, installé dans le quartier de Tophane, sur la Corne d'Or, et spécialisé dans la production des pipes et des tasses à café. L'embout doré reprend l'un des motifs décoratifs de l'Europe baroque, celui, des feuilles d'acanthe et des rosettes. Le tuyau permet d'envelopper la quantité de tabac parfumé et d'inspirer ses vapeurs. Très tôt dans l'empire ottoman, le partage du café est associé au plaisir du tabac, soit dans les lieux publics et dans la rue, soit dans l'espace domestique ou au hammam. Le moment du café ou du narghilé est un temps arrêté, propice à l'oisiveté et aux bavardages, et souvent accompagné de sucreries, gâteaux ou sorbets délicatement parfumés.
Vielle à roue
1897 / France - Allier / Bois,os,cuir
Apparue au moyen âge, sous le nom de chifonie ou organistrum, la vielle à roue a été jusqu’à la Révolution française un instrument joué aussi bien dans les châteaux que dans les villages. On en trouve de nombreuses représentations dans les manuscrits médiévaux ou sur les chapiteaux des églises et plus tard, chez de grands peintres comme Watteau. Tombée en désuétude après la chute de l’Ancien Régime, le mouvement folkloriste lui a redonné une nouvelle vie à la fin du XIXème siècle. Plus près de nous, dans les années 60 - 70, les musiciens folk se la sont appropriée en rénovant son mode de jeu. Répandue de la péninsule ibérique à l'Ukraine, cet instrument typiquement européen appartient à la famille des cordes frottées. Dans son cas, l’archet est remplacé par une roue actionnée par l’intermédiaire d’une manivelle. Sa caisse de résonance peut être bombée comme celle d’un luth, ou plate comme celle d’une guitare, et toujours richement décorée. La roue fait résonner, en même temps et de manière continue, les six cordes de l’instrument. Deux cordes sur six, appelées les chanterelles, servent à jouer la mélodie à partir d’un clavier. Les quatre autres cordes : le gros bourdon, le petit bourdon, la mouche, la trompette, produisent un son continu d’accompagnement, un peu nasillard. Après bien des vicissitudes, la vielle à roue est restée un instrument vivant. Elle a été remise au goût du jour par des musiciens soucieux de rejouer le répertoire baroque, mais elle a aussi été amplifiée pour lui permettre de s’intégrer à des orchestres contemporains. Des compositeurs s’y intéressent toujours et des musiques originales sont écrites pour elle.
Ballon de soule
Vers 1964 / France - Oise / Cuir,ficelle
La soule présentée ici a été collectée dans l'Oise, au milieu des années 60. Célibataires et hommes mariés se disputaient alors ce petit ballon de cuir. Le jeu de soule a survécu dans cette région jusqu'au XXème siècle mais il a été pratiqué dès le XIIème siècle en Normandie, en Bretagne et dans le nord de la France. Le principe de base du jeu de soule est de porter le ballon, appelé soule ou pelote, au-delà d'une ligne, ou de le ramener d'un camp dans un autre, voire d'un village dans le voisin. Il s'agit d'un jeu de ballon avec mêlée massive. La confrontation des deux camps rivaux traduit l'opposition entre deux territoires. En se disputant le ballon, c'est l'identité du village ou du groupe auquel on appartient que l'on défend. La soule est caractéristique des jeux de l'Ancien Régime: elle ne connaît pas de règles clairement établies et de nombreuses variantes existent. Le ballon n'a, par exemple, pas de forme fixe. Il peut s'agir comme ici d'une outre de cuir, d'une pelote bourrée d'étoffes, ou d'un morceau de bois... Le jeu de soule est ainsi souvent considérée comme l'un des ancêtres du rugby.
Lampe de Hanouca
2è moitié du 19è s. / France - Alsace,Vallée du Rhin / Etain
Cette lampe de Hanouca correspond à un usage domestique des communautés juives de l’Est de la France au XIXème siècle. C’est une lampe simple en laiton qui comprend les sept godets et le serviteur qui sert à allumer les lumières ; elle est peut-être d’origine alsacienne. La fête de Hanouca, appelée aussi fête des lumières, rappelle la victoire historique des Maccabées sur la dynastie hellénistique des Séleucides, rois de Syrie et de Palestine en 165 avant Jésus-Christ. Pour commémorer cet événement, pendant huit jours, à la tombée de la nuit, les juifs procèdent à l’allumage de huit lumières de la lampe de Hanouca en commençant par une lumière le premier jour et en ajoutant une lumière chaque jour. La lampe doit être placée devant une fenêtre au vu de tous. Hanouca est devenue, depuis le moyen âge, une fête très populaire agrémentée de coutumes diverses (on joue à la toupie) et dans le monde occidental, on a pris l’habitude d’offrir des cadeaux aux enfants. La fête de Hanouca a lieu aux alentours du solstice d’hiver. Elle correspond aux fêtes de la lumière qui ont lieu à cette période de l’année où les jours sont les plus courts.
Flûte Fujara
1990 / Slovaquie centrale / Sureau
Cette flûte s’appelle Fujara. Elle est originaire de la région de Detva, au cœur de la Slovaquie. Elle a été fabriquée par Stefan Andris. C’est probablement la plus grande flûte d’Europe. Construite dans une branche de sureau, la fujara est souvent richement décorée. C’est un véritable objet d’art populaire. Elle est fabriquée et jouée par les bergers. Elle peut mesurer jusqu’à deux mètres de long. Elle est dotée de trois trous de jeu et son embouchure ressemble à celle d’une flûte à bec. Le tuyau est replié pour pouvoir jouer aisément d’une flûte aussi grande. Sa sonorité si particulière est due au fait que le tuyau est très long pour un diamètre assez étroit, et le son de base, ou fondamental, se subdivise en harmoniques, ce qui lui donne cette riche coloration. Le berger joue toujours de la fujara en alternance avec le chant, qui raconte sa vie, ses amours, les faits héroïques du peuple slovaque. Cette particularité a fait du jeu de la fujara un support majeur de la littérature orale de la Slovaquie. La richesse de cette tradition musicale a conduit l’UNESCO, en novembre 2005, à l’inscrire sur la liste des chefs d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité. La fujara est ainsi devenue un symbole de l’identité slovaque.
Maquette du Golf Drouot
1962 / France - Ile-de-France / Bois
Cette maquette représentant la scène du Tremplin en 1962 a été réalisée par Long-Chris qui avait créé les décors de cette scène. On y trouve des éléments essentiels des cultures de musiques amplifiées : le groupe de rock avec guitares, petits amplificateurs, micros et batterie ; le juke-box et les disques vinyl 45 tours ; le personnage de Chouchou, symbole de l’émission et du journal Salut les Copains ; enfin, un couple de danseurs. A la fin des années 50, les jeunesses des sociétés européennes et méditerranéennes découvrent le rock’n’roll, le blues, le rhythm’n’blues, le twist qui sont des musiques de populations noires et blanches américaines. Avec le phénomène social des groupes de rock et de la guitare électrique, commence une longue histoire qui va transformer les musiques populaires de tous ces pays. Les années 60 sont les temps pionniers de cette histoire, les musiciens et les publics cherchent des lieux pour célébrer leur passion. Le Golf Drouot en plein centre de Paris sera le plus mythique de tous car très lié au début de la vie de rocker de Johnny Hallyday et de tant d’autres. Le couple Colette et Henri Leproux va transformer un golf miniature couvert en premier  tremplin du rock en France. La petite scène de ce club de jeunes va voir défiler tous les courants musicaux du rock et des milliers de musiciens amateurs et professionnels de tous les milieux sociaux.
Guitare électrique Fender/CBS
Fin des années 1980 / France / Métal,bois,cuir
Cette guitare basse américaine fut acquise dans le sud de la France par Jannick Top, musicien marseillais de renommée internationale. Après avoir servi en bal, elle fut jouée dans le groupe Troc avec le batteur niçois André Ceccarelli, puis dans le très célèbre groupe Magma avec le batteur Christian Vander, et en studio avec des artistes de variété comme Michel Berger. Pièce unique, personnalisée par le musicien pour tenter des expériences sonores extrêmes typiques du contexte des années 70 où «  tout semblait possible, on cherchait, on découvrait le potentiel créatif de ces instruments ». Compositeur arrangeur de musiques de film, de feuilletons populaires de télévision, de comédie musicale, musicien classique (piano, violoncelle) devenu bassiste électrique de bal et de rock, Jannick Top est un des bassistes européens qui ont émancipé la basse de son seul rôle d’accompagnement. De marque Fender, l’instrument possède 4 cordes, il est constitué d'un manche, qui supporte des frettes (qui délimitent les notes, comme sur la guitare) et d'un corps en bois plein. Une sortie stéréo permet de jouer des sons différents sur deux amplificateurs. Les premiers modèles de guitares à corps plein solid-body de chez Fender datent de 1950. Les premiers modèles de Jazz-Bass sont crées en 1960. Avec les cultures rock, les basses commençaient alors à prendre une très grande place dans les musiques populaires. Depuis, avec le rap et la techno, les fréquences graves constituent un élément majeur de ces musiques, elles sont constitutives de la création d’un lien social nouveau dans les concerts à partir des vibrations extrêmes.
Diable
Fin du 19è s. / France - Savoie / Bois
Ce Diable polychrome, exécuté en pin cembro des Alpes, est attribué à Pierre Vincendet (1843-1919). Le Diable sculpté a la particularité de présenter 4 cornes qui rappellent une vieille légende locale. Pour terminer un pont dans les délais qui lui étaient impartis, un petit entrepreneur de Bessans fut contraint de faire appel aux services du Diable. Celui-ci lui promit son aide à la condition que l’âme de la première personne qui passerait sur le pont lui appartienne. Grâce à l’astuce de sa femme, il réussit à faire en sorte que ce soit un bouc qui se présentât le premier sur le pont. Mais quand le bouc aperçut le Diable cornu de l’autre côté du pont, il crut voir un autre bouc qui aurait pu menacer son troupeau de chèvres. Alors il se rua si fort sur le Diable qu’il lui traversa la tête  et que ses cornes y restèrent  plantées. Depuis ce jour, à Bessans, le Diable a 4 cornes. Bessans, commune de Maurienne dans les Alpes, est bien connue des ethnologues pour avoir développé, durant les XIXème et XXème siècles, un art populaire original, symbolisé par la figure du Diable. Eugénie Goldstern, ethnologue autrichienne, étudia, dans l’immédiate avant-première Guerre mondiale, cet art populaire de Bessans que le monde des musées découvrit alors.
Marionnette Karagös
Milieu du 20è s. / Grèce - Péloponnèse / Carton,papier,peinture
La marionnette Karaghiosis, issu du personnage Karagöz d’origine ottomane, est devenue le héros du folklore grec et arabe dans le bassin méditerranéen. Son histoire remonte au temps du sultan Orkhan (1326-1359) lorsque des ouvriers construisaient la mosquée de Bursa. On dit que le maçon Karagöz (œil noir) et le forgeron Hacivat racontaient des histoires comiques et empêchaient l’équipe de travailler. Le sultan les fit mettre à mort mais les ouvriers s’ennuyaient tellement qu’ils ne travaillaient plus. Un homme eut l’idée de découper des silhouettes à leur image dans de la peau de chameau et de les faire revivre derrière un écran éclairé par une lampe, créant ainsi un nouveau théâtre d'ombres. Passant du monde islamique au monde grec orthodoxe, le personnage a évolué. Il s’est transformé en héros populaire, porte-parole de la résistance ainsi que des pauvres contre les riches. Il a gardé son esprit mordant mais a renoncé à la lubricité de Karagöz. La nouvelle situation politique a modifié son répertoire et ses attaques ont surtout visé l'ex-occupant turc.
Fontaine murale " La Dispute de la culotte "
18è s. / France - Vaucluse / Terre cuite,émail,etain
Le thème représenté sur la fontaine est celui de la dispute de la culotte. Un homme et une femme tentent de s’approprier un élément vestimentaire : la culotte. En effet, jusqu’au milieu du XIXème siècle, la culotte a fait partie des trois pièces composant le costume masculin. Cette culotte, serrée sous le genou, se portait avec un gilet et une veste. Elle sera remplacée par le pantalon. Cette culotte a été l’attribut, la marque de l’homme et du pouvoir dans le ménage. L’expression encore en usage de nos jours « porter la culotte » renvoie à cette scène. Dans les sociétés paysannes, l’homme n’avait pas le monopole de l’autorité. En effet, l’épouse était considérée, à la fois, comme forte et faible, autoritaire et soumise, maléfique et bénéfique. Elle provoquait des sentiments contradictoires . Elle faisait peur et sa prise du pouvoir domestique était vécue par l’homme comme un danger potentiel. Cette fontaine murale est constituée d’un réservoir d’eau, muni d'un couvercle et d'un robinet placé en partie basse (qui a disparu). Elle est fabriquée en faïence d’Apt.
Costume de mariée
1840 / Russie / ...
Ce costume de mariée appartient au style du Nord, de la région de Nijni Novgorod, située à l’Est de Moscou. Ce style se caractérise par un costume composé  d’une chemise de lin avec manches brodées, d’une robe sans manche : la sarafane et d’une veste matelassée en brocard de soie avec un col. Les châles de Nijni Novgorod étaient tout particulièrement remarquables. Les broderies étaient de soie vive, couleur carmin, avec des effets chatoyants. La jupe est ample en brocard de soie avec deux bretelles. La veste matelassée est aussi en brocard de soie avec un décor de fleurs et des franges dorées. Le fichu de velours est également brodé de fils d’or . L’art populaire russe était en lien avec la vie rurale quotidienne marquée par un style de vie traditionnel et une culture patriarcale. Les coutumes s’accompagnaient de croyances anciennes que l’on retrouve dans les légendes, les contes et les chants de noces.
Costume de kuker
1950 / Bulgarie et Macédoine région de Sliven et région de Goce / ...
Dans la Bulgarie rurale traditionnelle, des mascarades étaient organisées à la fin de l’hiver pour vaincre les forces hivernales et faciliter le retour du printemps. Les kukeri, êtres « fantastiques », étaient les acteurs de ce rite qui se déroulait le lundi ou le mardi gras. Ils prenaient vie à travers les hommes jeunes du village déguisés avec des vêtements féminins usagés, de grosses chausses en peau ou en laine multicolore, et selon les régions, mettaient sur eux des éléments végétaux comme de la paille, des feuilles ou des oignons. Leurs visages étaient cachés par des masques effrayants. Il se ceignaient la taille de grosses cloches de bétail. Le costume présenté ici vient de Thrace. L’un d’entre eux était travesti en jeune mariée. Il portait un fichu sur la tête et un berceau avec un poupon dans le dos. Le jour venu, guidés par le Starost, l’aîné le plus expérimenté, les kukeri faisaient le tour du village et visitaient chaque maisonnée, en sautant et en dansant, et en faisant mine de se battre pour que leur présence et le bruit assourdissant qu’ils produisaient, véritable vacarme rituel fassent fuir les mauvais esprits de l’hiver. Un fois passés dans les cours des maisons, devant les étables et les potagers ou sur l’aire de battage, pour apporter la santé et la prospérité aux villageois et la fertilité de leur bétail et de leurs champs, ils gagnaient la place du village pour jouer une pantomime célébrant le cycle de la nature et sa renaissance à travers le mariage de l’Aîné et de la jeune épouse, la naissance d’un enfant représenté par le poupon, puis la mort de l’Aîné et son ensevelissement. Mais celui-ci renaissait, à force d’être pleuré par sa jeune femme, déclenchant la joie et l’allégresse générale. La fête se terminait par un grand feu autour duquel dansaient les kukeri. Chacun devait sauter au-dessus des flammes pour se purifier du contact qu’il venait d’avoir avec les mauvais esprits. Les mascarades existent toujours dans la société bulgare urbanisée d’aujourd’hui mais elles ont pris la forme moderne de défilés de rues devant des spectateurs qui admirent au passage leurs superbes costumes.
Costume de Gille
1990 / Belgique - Hainault / ...
Les mascarades et carnavals ont donné naissance à une série de personnages dont le Gille est une figure célèbre. Son origine remonterait au XVIème siècle. Le costume de Gille est caractéristique. Il se compose d'une chemise et d'un pantalon aux armes de Flandres, d’une collerette, d’une ceinture à sonnailles, de sabots et du célèbre chapeau en plumes d'autruche. Le costume comporte à la fois des éléments correspondant à son origine rurale, comme les sabots et la paille placée sous la blouse, et des éléments empruntés au monde bourgeois: les armoiries, les rubans et les dentelles ou les plumes d'autruche du chapeau en sont de bons exemples. Faire le Gille est le privilège des hommes de la ville de Binche, dans le Hainaut, en Belgique. Seuls les binchois de naissance ou de résidence ont en effet le droit de porter ce costume et de participer aux manifestations du carnaval. Le carnaval de Binche se déroule entre le Dimanche Gras et le Mercredi des Cendres. Les Gilles sortent le jour du Mardi Gras. L’habillage du Gille débute tôt le matin. Les hommes sont alors aidés par les femmes de la maison. Ils revêtent le masque et se retrouvent en ville pour déambuler toute la matinée dans les rues de la ville, en lançant des oranges sur la foule des spectateurs massés sur leur passage. Les Gilles enlèvent leur masque pendant l’après-midi et portent alors leur célèbre chapeau pour le reste de la journée.
Masque
Fin du 20è s. / Roumanie, Moldavie du sud / Maïs,chanvre,corne de vache
Ce masque de diable provient de Moldavie du sud, en Roumanie, il est porté lors de différentes mascarades qui se déroulent à l’occasion du cycle des 12 jours ou à Pâques. Les 12 jours, situés entre Noël et l’Epiphanie, sont traditionnellement une période de rupture avec l’ordre ordinaire de la vie quotidienne. Différents personnages apparaissent alors pendant ces fêtes, portant masques et costumes fabriqués à partir de vêtements usagés, bien souvent noircis à la suie. Le masque de diable ou drac est une représentation hybride, il est sensé effrayer l’assistance, surtout les enfants et les femmes, et faire rire par ses pitreries. La partie couvrant le visage, est tressée en feuilles de maïs. La partie de derrière est en tissu rare et résistant de chanvre appelé tissu pour les sacs.  Le visage est entouré par des cheveux et de la barbe, le nez est crochu, trois dents sont disposées sur le tour d'une bouche largement ouverte dans une grimace. Les yeux, réalisés avec deux zestes de demi-citrons, sont évidés. Des boucles d'oreilles pendent aux lobes. L'arrière de la tête du porteur est cachée par un tissu.
Diadème de Miss France
1977 / France - Ile-de-France / Métal,strass
Ce diadème a appartenu à Véronique Fagot. Elle a participé à l'élection de Miss Poitou poussée par un membre de sa famille et obtenu le titre à 16 ans et demie, puis elle a décroché le titre de Miss France en 1977. Cette même année, elle a été demie-finaliste au Concours de Miss Univers et en 1978 elle a remporté le titre de Miss Europe. Après son bac elle a poursuivi des études de langues. Bien que des concours de beauté soient attestés depuis l’antiquité c’est seulement à partir des années 20 du XXème siècle qu’ils commencent à prendre la forme que l’on connaît. En 1920 Agnès Souret fut élue plus belle femme de France, 1927 voit naître l’expression Miss France et couronna Roberte Cusey. Malgré leur apparente frivolité, les concours de beauté contribuent grandement à la formation d’un idéal féminin national et répondent aux sollicitations de l’actualité, il suffit de penser à toutes les Miss brunes élues dans l’Allemagne d’après-guerre mais aussi à la victoire des premières Miss de couleur. Mais les règlement des concours changent avec le temps, par exemple l’Italie accepte désormais que des mamans portent la couronne. Aujourd'hui, pour devenir Miss France il faut avoir entre 18 et 26 ans, mesurer 1 m 70 minimum, être française, être célibataire et sans enfants, et posséder un casier judiciaire vierge, car au-delà des paillettes, la Miss est, pendant une année entière, l’ambassadrice et la représentante de son pays. Les gagnantes cassent le stéréotype de la belle femme sans cerveau et s’engagent de plus en plus souvent dans les métiers de la communication, du spectacle, dans la vie politique ou dans la militance humanitaire.
Accueil Version Flash Plan du site